L'Institut du Salarié

Qu’est-ce qu’un accident de trajet ?

La sécurité et la santé des salariés

Publié par L'Institut du Salarié | 23 avril 2019

On appelle accident de trajet l’accident dont peut être victime le salarié pendant qu’il effectue le trajet (aller ou retour) entre son lieu de travail et sa résidence.

Pour que l’accident soit considéré comme un accident de trajet, il faut qu’il ait eu lieu à un horaire normal et que le parcours n’ait pas été interrompu ou détourné pour des motifs personnels et étrangers aux nécessités du travail.

Le trajet

Les tribunaux considèrent qu’il commence dès que le salarié quitte sa résidence, principale ou secondaire, pour se rendre à son travail.

L’accident survenu dans l’escalier de l’immeuble, dans la cour ou dans l’allée du jardin est, en fonction de cette règle, considéré comme un accident de trajet.

Cas pratique : un salarié avait stoppé son véhicule devant chez lui et était descendu pour demander à sa femme d’ouvrir la porte du garage. Il a été victime d’un accident alors qu’il regagnait son véhicule. Les tribunaux ont considéré qu’il s’agissait bien d’un accident de trajet (Cass. soc., 14 juin 1972).

Le lieu de résidence

Sont considérés comme lieu de résidence : la résidence principale du salarié mais aussi sa résidence secondaire et les lieux de séjour d’ordre familial (par exemple, le lieu de vacances familiales).

Le lieu de travail

Le lieu de travail s’entend de l’endroit où le salarié effectue sa prestation de travail (bureau, atelier…) mais également de la cantine ou du lieu où il prend habituellement ses repas.

A ainsi été reconnue comme accident de trajet la chute dont a été victime un salarié en regagnant le réfectoire de l’entreprise pour y consommer le repas qu’il avait acheté au dehors (Cass. soc., 16 mars 1995). D’autres juges, en revanche, ont refusé la prise en charge d’une chute survenue pendant le trajet d’un salarié qui se rendait à la boulangerie pour acheter un repas (Cass. soc., 23 mars 1995).

Les interruptions et les détours

Si l’accident s’est produit alors que la victime avait interrompu ou détourné son trajet habituel, il n’est pas considéré comme un accident de trajet.

l’accident survenu à un salarié qui avait interrompu son trajet pour aller saluer une personne sur le trottoir opposé et effectuer des achats n’a pas été considéré comme un accident de trajet (Cass. soc., 17 juillet 1963).

Mais lorsque le trajet a été interrompu ou détourné pour les nécessités de la vie courante, l’accident, sauf s’il survient pendant l’interruption du trajet, est tout de même considéré comme un accident de trajet.

Sont considérées comme des nécessités essentielles de la vie courante les activités suivantes :

  • les achats de denrées alimentaires, de tabac, de médicaments, etc. ;
  • les arrêts pour déposer un enfant à la crèche ou à l’école ;
  • les arrêts chez un coiffeur ou dans un restaurant ;
  • les visites médicales, etc.

Bon à savoir

Si le salarié est victime d’un accident lors d’un trajet qu’il effectue pendant son temps de travail et sur instruction de son employeur, cet accident sera alors considéré comme un accident du travail, et non comme un accident de trajet.


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