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Convention collective de la métallurgie

Publié par L'Institut du Salarié | 31 janvier 2020

Le Code de travail est le texte de loi qui réglemente le travail des salariés. Mais en plus de ce texte qui s’applique à tous les travailleurs, quel que soit leur domaine, on distingue de nombreux autres textes réglementaires.

L’un d’entre eux est la convention collective. Il se charge de préciser pour une branche professionnelle donnée, les règles spécifiques devant régir l’exercice de la profession.

Il en existe donc pour de nombreux domaines. Dans cet article, nous nous intéressons à la convention collective de la métallurgie. Elle regroupe plusieurs accords nationaux s’appliquant à l’ensemble des acteurs économiques (automobile, aéronautique…) et catégories socio-professionnelles (OETAM, ingénieurs et cadres) du secteur.

Nous nous intéresserons à ses dispositions concernant quelques points capitaux du contrat de travail : période d’essai, rémunération, préavis et indemnisation.


Convention collective de métallurgie et période d’essai

La période d’essai est une étape importante dans le processus de recrutement d’un employé. D’une part, elle permet à l’employeur de tester les capacités du travailleur, et d’autre part elle permet au travailleur de tester son poste de travail pour juger si les conditions lui conviennent.

C’est l’article L1221-19 du Code du travail (modifié par la loi de Modernisation du Marché de Travail du 25 juin 2008) qui fixe légalement la durée de la période d’essai pour tous les travailleurs. Selon ledit article, la période d’essai doit varier selon les statuts entre deux et quatre mois.

Si cette durée n’est pas modifiée par la convention collective, celle-ci apporte néanmoins quelques précisions quant aux conditions.

Par exemple, une période de prévenance est prévue par la convention collective de la métallurgie dans le cadre de la période d’essai. Lorsqu’une partie (salarié ou employeur) décide de rompre le contrat au cours de la période d’essai ou à sa fin, elle est tenue de respecter cette période de prévenance.

Si l’initiative de la rupture est prise par l’employeur, il observe une période de 48 heures à 1 mois. Si en revanche, c’est du salarié qu’est venue la décision, il observe une période de prévenance pouvant aller de 24 à 48 heures selon les cas.

Par ailleurs, en ce qui concerne le renouvellement de la période d’essai, la convention collective prévoit qu’il n’est possible que dans le cadre d’un CDD. Il laisse le choix aux parties de fixer la durée du renouvellement, mais tout en fixant une limite maximale pour l’ensemble de la période d’essai. Cette limite maximale est de 6 mois.

Autrement dit, les parties fixent la durée du renouvellement de la période d’essai tout en veillant à ce que la durée totale de toute la période d’essai n’excède pas 6 mois.


Convention collective de la métallurgie et rémunération

La convention collective de la métallurgie prévoit des salaires minimums pour les travailleurs de la branche. Ces salaires qui varient en fonction de la classification des travailleurs ont été modifiés par l’accord du 20 janvier 2017 (étendu par l’arrêté du 12 juin 2017) et se présentent désormais comme suit.

Pour les salariés dont le temps hebdomadaire de travail effectif est de 35 heures (base mensualisée de 151,66 heures), le salaire minimum annuel varie entre 18 884 et 37 491 euros.

Pour les salariés dont la durée annuelle de travail varie de 1 607 à 1 767 heures (journée de solidarité comprise), le salaire doit varier entre 21 717 et 76 649 euros.

Pour les salariés dont la durée annuelle de travail varie de 1 767 heures et 1 927 heures (journée de solidarité comprise), le salaire doit varier entre 24 550 et 76 649 euros.

Les salariés qui sont payés au forfait-jours perçoivent entre 22 882 et 76 649 euros pour une durée de base de 218 jours (journée de solidarité comprise). Ceux qui travaillent sur la base d’un forfait sans référence horaire perçoivent entre 43 115 et 76 649 euros.


Convention collective de la métallurgie et congés

Le Code de travail prévoit que les travailleurs doivent bénéficier au minimum de 2 jours et demi de congés payés par mois. Des congés supplémentaires sont prévus par la convention de la métallurgie.

Selon les dispositions de la convention, un ingénieur ou un cadre qui est âgé de 30 ans et qui a 1 an d’ancienneté bénéficie d’un congé supplémentaire de deux jours. Cette durée est portée à trois jours pour les ingénieurs ou cadres ayant 35 ans avec deux ans d’ancienneté.

La convention prévoit toutefois que si le salarié doit prendre ces congés supplémentaires, il doit le faire avant le 1er juin de l’année suivant celle de l’ouverture des droits.

Par ailleurs, le code de travail prévoit des jours de congés exceptionnels non déductibles du droit aux congés payés. Ils sont relatifs au cas de mariage, de maladie et de décès.

La convention collective précise que par année civile, ces congés exceptionnels peuvent aller de 1 jour à 1 semaine pour un salarié.


Convention collective de la métallurgie et préavis

Comme vous le savez, un salarié est tenu d’observer un préavis lorsqu’il doit démissionner. Il en est de même pour l’employeur lorsqu’il doit licencier un employé, à moins qu’il convienne avec ce dernier d’une indemnité compensatrice de préavis.

La convention collective de la métallurgie prévoit un préavis de 1 à 6 mois, selon l’ancienneté du salarié.

En effet, les ingénieurs et cadres qui n’ont pas encore de 2 ans d’ancienneté bénéficient ou observent 1 mois de préavis en cas de licenciement ou de licenciement démission. Cette durée est portée à 2 mois pour ceux ayant 2 ans d’ancienneté, et à 3 mois pour ceux dont l’ancienneté dépasse deux ans.

Par ailleurs, d’autres cas particuliers sont prévus par la convention collective de la métallurgie. En effet, pour les ingénieurs et cadres âgés de 50 à 55 ans, la convention prévoit un préavis de 4 mois lorsqu’ils ont au moins un d’ancienneté ; et de 6 mois lorsqu’ils comptabilisent 5 ans d’ancienneté.

Pour ceux âgés de plus de 55 ans, la convention prévoit un préavis de 6 mois dès qu’ils ont au moins 1 an d’ancienneté.


Convention collective de la métallurgie et indemnité de licenciement

L’article L 1234-9 du Code de travail dispose qu’un « salarié titulaire d’un contrat de travail à durée indéterminée, licencié alors qu’il compte 8 mois d’ancienneté ininterrompus au service du même employeur, a droit, sauf en cas de faute grave, à une indemnité de licenciement ». Il double même cette indemnité pour les cas d’inaptitude d’origine professionnelle et d’impossibilité de classement.

La convention de la métallurgie vient quant à elle préciser quelle est la valeur de ladite indemnité pour les salariés de son secteur. Elle est de :

1/5 ème de salaire mensuel par année d’ancienneté pour les salariés ayant 1 à 7 ans d’ancienneté ;

3/5 ème de salaire mensuel par année d’ancienneté pour les salariés ayant plus de 7 ans d’ancienneté.

Des modalités spéciales sont prévues pour les salariés âgés de plus de 50 ans. En effet, le montant de l’indemnité de ces salariés varie entre 3 et 18 mois de salaire mensuel, avec des systèmes de minoration et de majoration.



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